<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Pouvons nous r&#xe9;aliser ce que le futur nous r&#xe9;serve?</title><link>http://realiser.canalblog.com/</link><description>Nouvelles personnelles de science fiction</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 25 May 2012 13:02:11 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Vendredi</title><dc:creator>Kronh</dc:creator><link>http://realiser.canalblog.com/archives/2012/03/15/23763559.html</link><comments>http://realiser.canalblog.com/archives/2012/03/15/23763559.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://realiser.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23763559/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://realiser.canalblog.com/archives/2012/03/15/23763559.html</guid><description>&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;La for&#xea;t, je l&apos;ai plus souvent jalonn&#xe9;e dans des jeux vid&#xe9;o qu&apos;au milieu des branches, mais je me suis toujours plu &#xe0; imaginer, en l&apos;observant au travers de l&apos;espace, cet ensemble de bois comme recelant une dimension &#xe9;trange, hors du temps, que l&apos;on ne peut saisir dans dans sa compl&#xe9;tude, ni m&#xea;me de ses apparences, et qu&apos;au travers d&apos;un philtre de formes moutonneuses ou ac&#xe9;r&#xe9;s, desquelles surgisses des organes tortueux, qui tirent leur r&#xe9;v&#xe9;rence &#xe0; un ciel en contraste profond avec cette &#xe9;tendue sombre qui s&apos;&#xe9;tale plus qu&apos;elle ne s&apos;&#xe9;l&#xe8;ve sur un sol duquel elle cherche &#xe0; extraire sa substance, afin de tenter de percer les cieux qui les dominent.&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Pareil &#xe0; la for&#xea;t je m’&#xe9;tends en tentant de m’&#xe9;lever, du m&#xea;me substrat je tire mes forces, par mon raisonnement tel des branches je les disperses, et de leurs fruits mes id&#xe9;es se nourrissent, telles des oiseaux dans la for&#xea;t, et virevoltent, s’&#xe9;tablissent entre mes banches, et tentent d&apos;atteindre les lieux que ces derni&#xe8;res ne peuvent atteindre, et finissent par s’essouffler et par retomber sur la sol, mortes, et contribuer ainsi, tels des charognes, &#xe0; la formation du m&#xea;me substrat qui les ont nourri. Icare c&#xe9;r&#xe9;braux de la transcendance.&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Mais que chercher par del&#xe0; la brume &#xe9;paisse? Cette brume ratiss&#xe9;e par ces corbeaux noirs remuants cette m&#xe9;lasse m&#xe9;taphysique, elle nous emp&#xea;che de voir. Par ce rideau blanc, elle nous emp&#xea;che de voir... A force d&apos;y rester, on fini par s&apos;en impr&#xe9;gner, de ce brouillard, et les nouveaux fruits naissent, toujours plus noir, les id&#xe9;es n&apos;en veulent pas,et ils finissent par pourrir en p&#xe2;ture aux vers de la m&#xe9;lancolies.&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;L&apos;oubli, tu es ma pluie, le liant de mes peines, tu me nourris, sans toi rien ne peu croitre, et pourtant je te hais. Sans toi, je me fanerai dans le remord. Je l&#xe8;ve les yeux au ciel, et je te vois, je grimpe aux arbres, je te respire, je m&apos;&#xe9;prends de toi. L&apos;oubli, est-ce un crime&amp;nbsp;? J&apos;aimerai me passer de ton humeur, dame de marbre, sur ton visage s’&#xe9;coule la pluie sans laisser aucune trace, sans creuser aucun sillon.&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Vendredi. Nous sommes vendredi, et je vis comme je respire, sans penser aux lendemains. La foret est belle, aujourd&apos;hui, sous ce soleil d&apos;hiver. Comme moi, aujourd&apos;hui, le monde autour de moi n&apos;a pas de masque. La vie n&apos;apparait pas sous ses formes fugaces. Et pourtant tout va trop vite. Tout se fend et se craquelle autour de moi, sous mes pas lents et douloureux...&lt;/p&gt;
&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 14 Mar 2012 23:00:00 GMT</pubDate></item><item><title>La piti&#xe9;e de Satan</title><dc:creator>Kronh</dc:creator><link>http://realiser.canalblog.com/archives/2011/06/23/21469203.html</link><comments>http://realiser.canalblog.com/archives/2011/06/23/21469203.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://realiser.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/21469203/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://realiser.canalblog.com/archives/2011/06/23/21469203.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;P&#xe9;tunia est seul au monde&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Un, deux, trois linceuls&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Fresque gore au sol immonde&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Etincelle au feu sacrificiel&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;P&#xe9;tunia tes fils t’ont laiss&#xe9;e seule&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;D&#xe9;membr&#xe9;s sous un ciel qui gronde&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Par l’insanie des si&#xe8;cles d&#xe9;lib&#xe9;r&#xe9;s,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Tous les jours te viendrons de frondes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;P&#xe9;tunia vaincra, O Satan le boh&#xe8;me,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Sur tous tes philtres et tes &#xe9;cueils,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Ta volont&#xe9; sera la mienne,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Par tout les cieux pacque je t’aime.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 23 Jun 2011 18:11:00 GMT</pubDate></item><item><title>La Clameur des Anges</title><dc:creator>Kronh</dc:creator><link>http://realiser.canalblog.com/archives/2011/06/23/21469141.html</link><comments>http://realiser.canalblog.com/archives/2011/06/23/21469141.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://realiser.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/21469141/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://realiser.canalblog.com/archives/2011/06/23/21469141.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Un couple d’infortun&#xe9;s voyageurs &#xe9;tait en route pour la province de Moo. Bronh &#xe9;tait un homme grand et de belle carrure. Il ch&#xe9;rissait l’&#xe9;tincelle de sant&#xe9; qu’il lui restait et ne jugeai rien selon les apparences. Sa tendance &#xe9;litiste l’avait port&#xe9; &#xe0; la d&#xe9;couverte de profondes limites artistiques. Bronh &#xe9;tait un homme sage et les feux de la possession s’&#xe9;taient &#xe9;teins en lui depuis longtemps. Il n’&#xe9;tait pas attir&#xe9; par l’argent. Il en &#xe9;tait de m&#xea;me pour sa noble compagne. Enha la brune &#xe9;tait la noble compagne de Bronh Dansenh,&amp;nbsp; elle se comportait souvent tel une ombre fi&#xe9;e aux bottes de son mari, mais parfois elle le fixait, inerte, plusieurs secondes durant paraissant de longs instants aux yeux de Bronh qui ne semblait pas comprendre &amp;nbsp;la raison de ce changement d’humeur intempestif. Il y avait dans ces moments-l&#xe0; dans le regard de la jeune fille tant de haine que Bronh en aurai pali si ce comportement dont il ne chercha jamais &#xe0; en conna&#xee;tre la cause n’&#xe9;tait point devenu pour lui une habitude. Mais comment aurait-il pu se croire innocent face &#xe0; tant de haine qui lui &#xe9;tait destin&#xe9;e&amp;nbsp;? Cette question se pose bien avant celle de la cause. S’il ne se savait pas innocent comment aurai t-il pu s’habituer &#xe0; ressentir chez cette noble femme une volont&#xe9; si farouche de lui faire du mal. Cela reste un myst&#xe8;re. Cependant la beaut&#xe9; de cette femme &#xe9;tait exceptionnelle, et Bronh ne manquait pas d’int&#xe9;r&#xea;t pour elle. Enha ne semblait pas en manquer non plus, et les deux amants restaient ins&#xe9;parables la plupart du temps. D’un point de vue financier il y avait satisfaction chez les Dansenh. Bronh et Enha &#xe9;taient techniciens dans une soci&#xe9;t&#xe9; de conditionnement alimentaire. Ils ne manquaient de rien sinon de divertissements &#xe0; proprement parler. Bronh &#xe9;crivait des po&#xe8;mes pour Enha, et en retour celle-ci lui exprimait son amour &#xe0; travers ses grands yeux de fauve, et prenait gracieusement la lecture de ses vers. Bronh s’int&#xe9;ressait beaucoup &#xe0; la peinture, mais aussi &#xe0; la musique, aux œuvres sombres et m&#xe9;lancoliques, alliant finesse et violence. Enha admirait beaucoup son mari du fait de sa finesse d’esprit, de ses gouts et de sa nostalgie d’un monde non aseptis&#xe9; par la soci&#xe9;t&#xe9; de consommation, sans le combat permanent des d&#xe9;sh&#xe9;rit&#xe9;s dont la cause est le lib&#xe9;ralisme social et sexuel. Elle aspirait beaucoup &#xe0; r&#xea;ver&amp;nbsp; et se perdait souvent dans des songes &#xe9;veill&#xe9;s. Il en &#xe9;tait ainsi quand, dans le train qui contenait nos deux nobles voyageurs, un g&#xe9;missement se mit &#xe0; monter et Enha se r&#xe9;veilla en sursaut. Elle se mit &#xe0; observer son mari. Il dormait profond&#xe9;ment et son visage avait pris un teint livide. Elle jeta son regard aux alentours. Il n’y avait personne dans le wagon. Le train en partance pour… mais ou allaient ils? Enha n’en avait plus le souvenir. Elle jeta son regard &#xe0; l’ext&#xe9;rieur. Le paysage d&#xe9;sol&#xe9; &#xe9;tait magnifique, le soleil &#xe9;tait sur le point de se coucher et rendait depuis l’horizon une teinte orang&#xe9;e qui reluisait sur cette &#xe9;tendue d’eau myst&#xe9;rieuse qui jouxtait la voie sur laquelle s’engageai le train. Mais… que se passe-il&amp;nbsp;? Devant une roche dress&#xe9;e &#xe9;tincelante &#xe0; l’aspect runique apparurent quartes formes sombres, puis une silhouette humaine se d&#xe9;marqua de chacune d’elles. Enha s’aper&#xe7;u avec horreur que quartes personnes la fixaient intens&#xe9;ment dans les yeux, immobiles, les bras tombants. Les traits de leurs visages lui paraissaient tout &#xe0; fait cadav&#xe9;riques, puis soudainement et &#xe0; son plus grand &#xe9;tonnement ils se mirent &#xe0; danser, les bras sur les &#xe9;paules de leurs voisins, et ils firent des mouvements de jambes tel des danseuses de cabaret. La sc&#xe8;ne &#xe9;tait atroce et stup&#xe9;fiante. Enha ressenti dans son esprit le rythme de la musique qui s’acc&#xe9;l&#xe9;rait, un rythme totalement martiale et neurasth&#xe9;nique, collant parfaitement aux mouvements des individus dont les traits paraissaient amorphes, et qui balan&#xe7;aient alternativement une jambe puis l’autre, sans cesser de fixer Enha pour qui le spectacle devient insupportable. Pendant ces quelques secondes que dur&#xe8;rent le spectacle le train continuait &#xe0; avancer &#xe0; un rythme parfaitement r&#xe9;gulier, imperturbable. Le rythme continuait de marteler l’esprit de la pauvre femme qui commen&#xe7;ait &#xe0; trouver son cr&#xe2;ne anormalement lourd. Prise dans un puissant tourbillon de d&#xe9;pression, elle laissa tomber sa t&#xea;te sur le si&#xe8;ge de devant. Le battement continuaient, ne faiblissaient pas, et, effet surprenant, Enha commen&#xe7;ait &#xe0; jouir de cette douleur totalement c&#xe9;r&#xe9;brale. Quelque chose en elle venait de s’&#xe9;claircir soudainement, elle ne savait pas quoi. Elle ne voulait pas que cela s’arr&#xea;te. Elle se sentait comme emport&#xe9;e dans un r&#xea;ve ou plut&#xf4;t dans un cauchemar et pourtant elle ressentait du plaisir. Elle fixa son mari qui gisait toujours livide &#xe0; ses c&#xf4;t&#xe9;s. Soudain il se r&#xe9;veilla et le rythme s’arr&#xea;ta net. Il reprit ses couleurs et regarda sa montre qui donnait six heures treize et jeta son regard sur Enha, et vit qu’elle le fixa d&#xe9;j&#xe0;, avec dans ses yeux toute la haine que l’on puisse imaginer contenue dans des yeux de femme. Il ne d&#xe9;tourna pas tout de suite ce regard comme s’il souhaitait d&#xe9;couvrir dans ces globes miraculeusement attrayant la source de ce sentiment si inhumain. Il d&#xe9;tourna alors le visage de sa bien-aim&#xe9;e sans pour autant afficher sur son visage encore terne les traits d’une quelconque r&#xe9;signation. Le soleil avait &#xe0; pr&#xe9;sent totalement d&#xe9;clin&#xe9;, et &#xe0; pr&#xe9;sent le train filait au milieu de paysages inconnus et Enha attendait quelque peu anxieusement la nuit, p&#xe9;riode qui cependant la captivait intens&#xe9;ment. Elle trouvait la nuit propice aux r&#xe9;flexions et lamentations pour lesquels la journ&#xe9;e demandait plus de concentration. Bronh adoptait enti&#xe8;rement son point de vue. Pour eux la nuit &#xe9;tait synonyme de la fin de tous labeurs, durant laquelle l’&#xe2;me est plus sensible, les plaisirs plus intenses. Bronh et Enha faisaient d’ailleurs transparaitre leur amour de la nuit par des tenues sombres, parfois provocantes surtout chez Bronh qui tenait ainsi &#xe0; faire savoir qu’il &#xe9;tait all&#xe9; jusqu&apos;&#xe0; explorer les contr&#xe9;es les plus recul&#xe9;es, les extr&#xe9;mit&#xe9;s de l’art humain, et qu’il avait distill&#xe9; l’essence m&#xea;me d’œuvres qui s’&#xe9;tait vers&#xe9;e en lui et l’avait profond&#xe9;ment marqu&#xe9;, et il d&#xe9;gageai de tout cela une certaine fiert&#xe9;. D’un autre c&#xf4;t&#xe9;, au del&#xe0; du sens artistique, l’image des deux jeunes gens &#xe9;tait le reflet d’une personnalit&#xe9; contestataire, sage et originale. Ils ne se souciaient pas le moins du monde des r&#xe9;actions qu’ils suscitaient en soci&#xe9;t&#xe9; bien qu’ils ne les ignorassent pas. Le jeune couple n’avait de toute fa&#xe7;on aucune v&#xe9;ritable vie sociale et l’art de la po&#xe9;sie et de la musique chez Bronh, celui de la litt&#xe9;rature et de la peinture chez Enha occupaient tout leur temps libre et il ne souffrait pas de manque de contact. A pr&#xe9;sent, le clair de lune permettait de distinguer des arbres&amp;nbsp; aux abords de la voie. Ils devaient entamer la travers&#xe9;e d’une for&#xea;t. Les deux jeunes gens &#xe9;taient seuls dans le wagon, et il commen&#xe7;ait &#xe0; faire froid. On pouvait maintenant remarquer &#xe0; l’ext&#xe9;rieur quelques nappes de neige sur lesquelles se refl&#xe9;tait faiblement la lueur blanche de la lune. Enha &#xe9;changea quelques mots &#xe0; son mari, et celui-ci se blotti contre elle dans un &#xe9;lan de plaisir dissimul&#xe9;. Enha et Bronh s’aimaient beaucoup, et ils s’&#xe9;taient attribu&#xe9;s pour symbole de leur amour l’astre lunaire, &#xe9;ternel symbole de la nuit, brillant mais n’&#xe9;blouissant pas, gigantesque mais discret aux yeux des hommes. Le paysage environnant &#xe9;voquait &#xe0; Bronh chant gutturaux et guitares abrasives, qui lui insufflait un &#xe9;moi notable et profond. Les contours d’arbres gigantesques se dessinaient maintenant &#xe0; l’ext&#xe9;rieur, donnant lieu chez Enha &#xe0; de fantastiques divagations. Des formes bestiales semblaient se mouvoir sur les sols alentours, myst&#xe9;rieuses et furtives, tels de gigantesques corbeaux volant au niveau du sol. Maintenant le souvenir de la destination revint &#xe0; Enha&amp;nbsp;: le couple avait d&#xe9;cid&#xe9; de se rendre dans la province de Moo, avec l’intention de profiter de la qui&#xe9;tude des ch&#xe2;teaux magnifiques qui avaient accru la r&#xe9;putation de Moo depuis leur construction il y &#xe0; plus de trois par le baron de Guord qui avait eu le d&#xe9;sir de cr&#xe9;er un &#xe9;tat ou la beaut&#xe9; aurai eu la premi&#xe8;re importance, ayant fait parvenir de tout les horizons les plus grands architectes, paysagistes et peintres qui excellaient dans les styles qu’affectionnaient notre baron. La propri&#xe9;t&#xe9; na jamais d&#xe9;pass&#xe9; les 35000 hectares, les successeurs du baron ayant pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; apr&#xe8;s sa mort ne pas continuer le travail colossal entam&#xe9;, estimant celui-ci ne pas pouvoir &#xea;tre effectu&#xe9; de mani&#xe8;re satisfaisante. En effet le baron de Guord avait r&#xe9;ussi &#xe0; cr&#xe9;er un &#xe9;quilibre si parfait entre ses cr&#xe9;ations que la clef n’a jamais pus &#xea;tre d&#xe9;cel&#xe9; par les plus grands artistes. Quelques fussent les projets qui eurent &#xe9;t&#xe9; entrepris, ils auraient eu pour effet s’ils avaient &#xe9;t&#xe9; mis en œuvre de briser l’alchimie qui faisait le fantastique de ces lieux, et c’est pour cela que les descendants et h&#xe9;ritiers concentr&#xe8;rent tous leurs moyens pour la conservation du site. Le baron avait perdu toute sa raison pour mener &#xe0; bien son projet faramineux, de telle sorte qu’un matin de d’octobre un serviteur qui faisait une promenade aux alentours d’un de quartes lacs de la province de Moo retrouva l’homme pendu &#xe0; un peuplier. La r&#xe9;action fut telle dans la province que plusieurs jours de deuils furent d&#xe9;cid&#xe9;s par les autorit&#xe9;s, et encore aujourd’hui un jour f&#xe9;ri&#xe9; a &#xe9;t&#xe9; attribu&#xe9; &#xe0; la province &#xe0; la m&#xe9;moire du baron de Guord, v&#xe9;ritable g&#xe9;ni qui su mettre en valeur la province de Moo tel que jamais aucun espace atteint par l’homme ne l’eu surpass&#xe9; par sa beaut&#xe9; brute. En ces jours le peuplier est encore dress&#xe9; au milieu de la province et fait l’objet d’un v&#xe9;ritable culte de la part des autochtones, ceux-ci &#xe9;tant les descendants des artistes qui eurent particip&#xe9;s au fa&#xe7;onnage de cet endroit et qui d&#xe9;cid&#xe8;rent d’y demeurer. L’arbre serait devenu immortel, ses branches se seraient d&#xe9;form&#xe9;es et l’&#xea;tre rec&#xe9;lant l’&#xe2;me du grand g&#xe9;ni serait devenu immens&#xe9;ment grand et beau, robuste et &#xe0; l’allure si impressionnante que personne n’aurait os&#xe9; le toucher. Les Dansenh avaient bien l’intention de confirmer ces dires par eux-m&#xea;mes. Aujourd’hui encore il est possible de p&#xe9;n&#xe9;trer &#xe0; l’int&#xe9;rieur du domaine fortifi&#xe9; par des murs de pierre apr&#xe8;s pr&#xe9;sentation d’une œuvre picturale, architecturale, litt&#xe9;raire ou musicale qui devait &#xea;tre approuv&#xe9;e par un conseil d’&#xe9;valuation qui &#xe9;tait constitu&#xe9; de deux adultes, deux enfants et deux vieillards&amp;nbsp;: un homme et une femme dans chaque cat&#xe9;gorie, choisis par les habitants du domaine de Moo. Au petit matin le train se mit &#xe0; ralentir, puis stoppa net. Bronh entraina Enha vers la sortie. Les deux amants furent face &#xe0; une gare d&#xe9;serte. Des feuilles jonchaient un sol fait de dalles de pierres. Autour d’eux des statues, repr&#xe9;sentations d’anges et de h&#xe9;ros, semblaient &#xea;tre &#xe9;rig&#xe9;es l&#xe0; depuis des si&#xe8;cles. Ils rest&#xe8;rent immobiles pendant quelques instants, &#xe9;chang&#xe8;rent quelques regards inquiets et se mirent en route, suivant la direction d’un panneau portant l’inscription &#xab;Chemin de Moo&#xbb; en caract&#xe8;res anciens. La voie paraissait tr&#xe8;s peu fr&#xe9;quent&#xe9;, bord&#xe9;e cependant d’innombrables statues, repr&#xe9;sentants toujours des hommes forts et des anges, qui se voulaient &#xea;tre les gardiens du voyageur. Enha voulut prendre le temps d’admirer ces travaux magnifiques d’une finesse et d’une beaut&#xe9; assez rare, mais Bronh ne semblait pas y pr&#xea;ter beaucoup d’attention et il avan&#xe7;ait d’un pas d&#xe9;cid&#xe9; et r&#xe9;gulier, trainant sa jambe boiteuse sur le sol pav&#xe9;, le frappant de sa cane ce qui produisait des petits bruits secs qui donnaient un rythme rapide. Bronh avait pris de l’avance sur Enha tandis qu’elle se laissait aller &#xe0; la contemplation, quand soudainement il s’arr&#xea;ta, tourna sur lui-m&#xea;me par un &#xe9;lan ind&#xe9;finissable, les&amp;nbsp; mains tendues vers le ciel, le regard plein de douleur dirig&#xe9; sur les nuages qui d&#xe9;filaient en ce moment &#xe0; toute vitesse aux dessus de leurs &#xea;tres. L’homme s’&#xe9;croula, ses mains vinrent se poser sur son visage, il paraissait d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;, la partie d&#xe9;couverte de son visage paraissait se contorsionner en un rictus de douleur. L’homme semblait laisser &#xe9;chapper&amp;nbsp; quelques supplications en direction de sa femme qui venait de se rendre compte de la situation. Aucun cri ne s’&#xe9;tait fait entendre. L’homme &#xe9;tait &#xe0; pr&#xe9;sent &#xe0; terre. Mais quelque chose d’autre venait d’attirer l’attention de la jeune femme. Derri&#xe8;re le corps inerte de son mari qui gisait &#xe9;tendu sur le sol avec la main tendue vers elle, une femme, extr&#xea;mement maigre, esquissant un terrible sourire, la fixait avec des yeux enti&#xe8;rement noirs. En fait elle ne distinguait pas d’yeux sur cette femme, et elle aurait &#xe9;t&#xe9; bien incapable de lui donner un &#xe2;ge tant cette personne &#xe9;tait maigre. Enha fut aurifi&#xe9;e quand elle s’aper&#xe7;u que la femme se mit &#xe0; danser, sur un air qu’elle ne mis que peu de temps &#xe0; reconna&#xee;tre. Il s’agissait du troisi&#xe8;me mouvement de la deuxi&#xe8;me sonate pour piano de Beethoven, que Bronh &#xe9;coutait souvent. Enha reprenant ses esprits s’avan&#xe7;a, puis une fraction de seconde d&#xe9;tourna le regard sur son mari qui n’avait pas boug&#xe9;. L’&#xe9;trange personnage avait disparu lorsque la jeune femme projeta son regard sur les pav&#xe9;s de l’all&#xe9;e d&#xe9;sormais vide. Elle vint en aide &#xe0; son mari qui se releva avec difficult&#xe9;, s’appuyant sur sa cane grav&#xe9;e de symboles &#xe9;tranges, serrant dans sa main le pommeau arrondi sur lequel on pouvait distinguer les contours d’un pentagramme. Bronh &#xe9;pousseta son manteau et les deux amants s’enlac&#xe8;rent et continu&#xe8;rent leur chemin, se glissant chacun des mots doux &#xe0; l’oreille. Il &#xe9;tait environ huit heures lorsque les deux amants atteignirent le domaine de Moo. Ils admir&#xe8;rent ensemble le mur de pierre qui fut leur premi&#xe8;re vision des lieux fantastiques ou ils aspiraient &#xe0; demeurer quelques jours. Ils s’avanc&#xe8;rent ensuite vers le grand portail et firent raisonner une cloche magnifique qui &#xe9;tait incrust&#xe9;e de motifs repr&#xe9;sentant des voyageurs se rendant au domaine de Moo par plusieurs saisons. Un homme vint ouvrir le portail. Il &#xe9;tait vout&#xe9; et v&#xea;tu d’un uniforme noir. Son visage cependant &#xe9;tait d’une beaut&#xe9; magnifique et ses cheveux gris boucl&#xe9;s qui lui donnaient l’apparence des anges que les jeunes gens avaient pus voir aux bordures du chemin. L’homme les pria de rentrer au regard des conditions qu’ils devaient de suite aller satisfaire en se pr&#xe9;sentant devant le conseil d’&#xe9;valuation, aupr&#xe8;s duquel il entreprit de les conduire. En chemin l’homme se pr&#xe9;senta. Il se nommait Anthon Wilbur et &#xe9;tait le gardien des portes du domaine de Moo. Il les conduisit dans une b&#xe2;tisse gigantesque au style emprunt&#xe9; aux ch&#xe2;teaux de la renaissance. Le conseil &#xe9;tait pr&#xea;t &#xe0; les recevoir. Ils furent conduits par Wilbur dans une grande pi&#xe8;ce aux murs orn&#xe9;s des plus beaux tableaux qu’Enha n’eu jamais pens&#xe9; pouvoir &#xea;tre con&#xe7;us de main d’homme. Les six conseillers si&#xe9;geaient au fond de la salle. Enha et Bronh s’avanc&#xe8;rent avec Wilbur. La&amp;nbsp; stup&#xe9;faction d’Enha fut de reconna&#xee;tre dans quartes des six personnages immobiles les danseurs qu’elle eu aper&#xe7;u la veille depuis le train. L’une d’eux portait des lunettes teint&#xe9;es de noir. Les quartes personnages &#xe9;taient maigres &#xe0; un point tel qu’il fut impossible aux deux amants de distinguer quels &#xe9;taient les vieillards et quels &#xe9;taient les deux plus jeunes. Cependant les deux enfants &#xe9;taient facilement distinguables du fait de leur petite taille. La petite fille regardait Enha &amp;nbsp;vicieusement et affichait un grand sourire. Le jeune gar&#xe7;on paraissait admirer Bronh qui restait imperturbable. La sc&#xe8;ne en aurait effray&#xe9; plus d’un mais les deux jeunes gens &#xe9;tait in&#xe9;branlables. Les quartes adultes n’avaient pas encore donn&#xe9; le moindre signe de vie quand l’un d’eux se mit &#xe0; parler. Sa voie chevrotante semblait trahir son appartenance au couple des doyens.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&#xab;&amp;nbsp;La porte vous &#xe0; &#xe9;t&#xe9; ouverte, amis du monde. L’humanit&#xe9; deviens peu &#xe0; peu sourde &#xe0; la clameur des anges, la visions de l’œuvre des proph&#xe8;tes ne les r&#xe9;jouis plus. La vie perd son sens profond, celui qui consiste &#xe0; distinguer le beau en toute chose. L’homme croit qu’il &#xe0; toujours quelque chose &#xe0; se prouver par son agir, il adore le classement, il cherche la finitude tout autour de lui, mais son &#xea;tre et fini et le but &#xe0; atteindre est &#xe0; l’int&#xe9;rieur de lui, au plus profond de son &#xe2;me. Quand l’homme se sera d&#xe9;voil&#xe9; toute sa sensibilit&#xe9; il n’aura plus qu’&#xe0; adorer les autres et lui-m&#xea;me, et il trouvera ainsi la force d’&#xe9;riger un empire du beau, un empire bon. Le domaine de Moo s’en veut &#xea;tre le noyau. Il fut des hommes qui trouv&#xe8;rent le chemin qui les amena &#xe0; lib&#xe9;rer leur sensibilit&#xe9; et ils furent &#xe0; m&#xea;me d’extraire la beaut&#xe9; du monde et d’en faire part &#xe0; leurs œuvres. Ces hommes &#xe9;taient des proph&#xe8;tes. Le dernier grand proph&#xe8;te fut le baron Guord en son œuvre gigantesque n’est ni plus ni moins que ce domaine. Les hommes du domaine travaillent depuis trois si&#xe8;cles &#xe0; son l’entretient et nous attendons toujours celui qui un jour sera capable de succ&#xe9;der au baron de Guord afin de pouvoir remplir notre mission qui est d’&#xe9;tendre notre domaine &#xe0; tout les horizons.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;L’homme s’arr&#xea;ta un instant, paraissant reprendre son souffle et apercevant le tableau qu’Enha tenait entre ses bras il repris.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; -&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il en est assez des pr&#xe9;sentations. Il est temps maintenant que chacun de vous soumette un de ses travaux &#xe0; nos jugements. Tout d’abord vous jeune fille… Jurez vous sur l’honneur n’avoir &#xe9;t&#xe9; aid&#xe9; dans votre travail par aucun autre intervenant qu’une instance divine&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Oui monsieur, je le jure sur mon honneur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Bien… Jurez vous sur l’honneur ne pas avoir effectu&#xe9; le travail d’un faussaire&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Sur l’honneur monsieur, je le jure.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieillard s’adressa maintenant &#xe0; Bronh qui se tenait droit et impassible aux c&#xf4;t&#xe9; d’Enha. Il jeta son regard sur la canne sur laquelle s’appuyait le jeune homme. Puis, il s’adressa &#xe0; lui sur un air s&#xfb;r de lui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Monsieur jurez vous sur Satan, Ange de la Mort nous fournir le fruit d’un travail artistique strictement personnel&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;L’homme ne parut visiblement pas surpris.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;O Satan, je le jure&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Bien, nous pouvons maintenant proc&#xe9;der &#xe0; l’examen de vos œuvres respectives si vous n’y voyez aucun inconv&#xe9;nient. Nous commenceront par vous, Enha.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Mais comment savez-vous...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Le tableau, s’il vous plait…&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;La jeune femme fut h&#xe9;b&#xe9;t&#xe9;e, leur visite ne leur avait pas &#xe9;t&#xe9; annonc&#xe9;e et le tableau qu’elle tendit pr&#xe9;cautionneusement au vieillard ne portait que ses initiales &#xab;&amp;nbsp;&lt;em&gt;ED&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieil homme paru soudain s’&#xe9;merveiller comme un enfant, lui-m&#xea;me qui avait paru si sage aux deux voyageurs quelques minutes auparavant &#xe9;tait maintenant en train de saliver devant le tableau d’Enha. Celui-ci repr&#xe9;sentait deux vieillards et une femme nue peints dans un style baroque, sur un fond noir. Celle-ci semblait vouloir &#xe9;viter les regards indiscrets des deux hommes tentant d’envelopper son corps dans un linge fin qui laissait deviner ses formes gracieuses. Le vieil homme se fit arracher le tableau des mains par sa vieille voisine en laissant &#xe9;chapper un grognement - celle-ci ne t&#xf4;lerait &#xe0; priori pas ce genre de d’attitude. Elle &#xe9;mit cependant un hochement de la t&#xea;te en signe d’approbation, qu’imita b&#xea;tement son voisin quand vint son tour. La femme &#xe0; qui suivi paru plus dubitative. Elle avait l’air de prendre son r&#xf4;le plus au s&#xe9;rieux que le reste du conseil, puis finalement apr&#xe8;s un examen relativement long faisant intervenir divers instruments, elle fit part d’un avis positif par le hochement de t&#xea;te significatif. Il ne restait plus que les enfants. Le tour &#xe9;tait celui de la petite fille qui avait toujours le m&#xea;me regard vicieux. La petite canaille fit entendre un gros &#xab;&amp;nbsp;Beurk&amp;nbsp;&#xbb; mais cependant garda le sourire, et approuva. Il semblerait que le petit monstre ai des go&#xfb;ts prononc&#xe9;s pour le d&#xe9;goutant… Enha s’en r&#xe9;jouissait. Ce fut maintenant le tour du dernier membre du conseil, un petit gar&#xe7;on qui devait &#xea;tre un peu plus &#xe2;g&#xe9; que la petite fille. Celui-ci pris l’œuvre dans ses mains, la fixa quelques instants, puis d&#xe9;tourna la t&#xea;te vers Bronh avec sur son visage potel&#xe9; les traits de la confusion. L’homme h&#xe9;sita quelques instants puis tenta d’affecter l’enfant par un regard triste. Le petit gar&#xe7;on &#xe9;tait tr&#xe8;s &#xe9;mu. Il approuva &#xe0; son tour. Enha avait d&#xe9;sormais sa place parmi les habitants privil&#xe9;gi&#xe9;s du domaine de Moo.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’&#xe9;tait &#xe0; Bronh de pr&#xe9;senter son œuvre. Celui-ci avait choisi un po&#xe8;me avec tous les risques que cela comportait. Il savait bien qu’une po&#xe9;sie n’&#xe9;tait jamais unanimement appr&#xe9;ci&#xe9;e, bien moins encore que d’autres types d’œuvres, car celle-ci met en œuvre un jugement des sens strictement personnel. La parole lui fut cependant accord&#xe9;e, avec une attente impatiente unanime &#xe0; touts les membres du conseil. Bronh s’engagea dans une r&#xe9;citation. Il connaissait son po&#xe8;me par cœur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;&#xab;&amp;nbsp;Tel l’eau vive, torrent sans &#xe2;me&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les maux de vivre tombent en larmes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ne pouvant chuter dans l’animosit&#xe9;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le r&#xea;ve encore reste mon seul ressort.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;De l’horizon le tonnerre gronde,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Et la pluie vient &#xe0; cr&#xe9;piter &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Sur les carreaux tel un fagot dans l’&#xe2;tre&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ou mon &#xe2;me se consume…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Tel du goudron, noir &#xe9;b&#xe8;ne, au plus profond d&#xe9;rang&#xe9;,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Tournoient en moi la clameur des anges, &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Qui, sur leurs allures hautaines&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Se plaisent en me destituant&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Des bonnes humeurs souveraines&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Et arrachant de mon &#xea;tre auparavant tant aim&#xe9; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Une &#xe2;me pour la mendicit&#xe9; et un cœur lancin&#xe9;,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Tel l’eau vive, torrent sans &#xe2;me&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;La citation de Bronh &#xe9;tait sublim&#xe9;e par une &#xe9;locution parfaite, et sa voie caverneuse donnait presque des frissons &#xe0; l’assembl&#xe9;e. En cela sa pr&#xe9;sence imposait d&#xe9;sormais un profond respect. Bronh s’arr&#xea;ta et ceci produisis un grand vide qui cons&#xe9;quemment laissait planer le doute au sujet de ce qui allait &#xea;tre le verdict final. Enha n’aurai pas pu laisser son mari &#xe0; l’ext&#xe9;rieur&amp;nbsp;: ils p&#xe9;n&#xe9;treraient dans le royaume de Moo ensemble ou ils n’y rentreraient pas. Cela &#xe9;tait implicitement convenu. Le verdict fut annonc&#xe9;. Quatre hochements de t&#xea;te, puis cinq. Le dernier conseiller &#xe0; ne pas s’&#xea;tre encore exprim&#xe9; &#xe9;tait en proie &#xe0; tous les regards, et paraissait g&#xea;n&#xe9;, il sembla pratiquer quelques mouvements de d&#xe9;sapprobation. Bien qu’ils soient en quelque sorte hors de la &#xab;&amp;nbsp;grande soci&#xe9;t&#xe9;&amp;nbsp;&#xbb;, le regard des autres, de la majorit&#xe9; semblait peser sur ceux qui ne prenaient pas le parti de se soumettre &#xe0; une pression sociale. Ainsi bien que les membres du conseil ne soient seulement que six, la pression subsistait. Seul le couple amoureux seul pouvait librement exercer sa libert&#xe9; pour ce qui est du jugement sans &#xea;tre soumis &#xe0; la pression sociale mais une grande force avait permis &#xe0; Bronh de supporter cette pression m&#xea;me en plein centre de la &#xab;&amp;nbsp;grande soci&#xe9;t&#xe9;&amp;nbsp;&#xbb; ou il affichait sans aucun g&#xe8;ne son extravagance. Bronh ne s’&#xe9;tait pas fait le voyage jusqu’au domaine de Moo pour se lib&#xe9;rer de cette soci&#xe9;t&#xe9;, mais seulement, et c’est d&#xe9;j&#xe0; beaucoup, pour pouvoir &#xe9;voluer dans un environnement qui pouvait servir &#xe0; cultiver sa passion en gardant un &#xe9;tat d’esprit qui &#xe9;tait pour lui d’une grande valeur. Et cet environnement le domaine de Moo le repr&#xe9;senterait &#xe0; merveille&amp;nbsp;; il avait &#xe9;tudi&#xe9; les quelques documents d’archive qui existaient &#xe0; se sujet, et l’empreinte de romantisme qu’il en avait d&#xe9;gag&#xe9; avait suffit &#xe0; le d&#xe9;cider. Enha l’avait &#xe9;videment suivie. Finalement le dernier des membres du conseil se r&#xe9;signa &#xe0; faire un hochement de t&#xea;te significatif, Bronh ne paru pas surpris mais les deux amants s’enlac&#xe8;rent vivement en complimentant de bonne gr&#xe2;ce les six personnages qui demeuraient impassibles sur leurs si&#xe8;ges. Le vieillard repris&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&#xab;&amp;nbsp;Vous &#xea;tes d&#xe9;sormais les bienvenus dans le domaine de Moo. Vous allez &#xea;tre conduits dans votre demeure prestement par monsieur Wilbur.&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieil homme dit &#xe0; Enha qu’il garderait son tableau pour les archives et qu’elle pourrait le consulter quand elle le voudrait en en faisant la demande. Il ajouta qu’il &#xe9;tait interdit dans le domaine de s&#xe9;parer les artistes de leurs œuvres d&#xe9;finitivement. Il s’adressa ensuite &#xe0; Bronh en le priant de lui faire parvenir une copie &#xe0; la plume de son œuvre (il n’y avait ici d’autres moyens d’&#xe9;crire de toute fa&#xe7;on). Il fit ensuite un signe &#xe0; monsieur Wilbur qui invita les deux jeunes gens &#xe0; le suivre. A leur sortie ils contourn&#xe8;rent le b&#xe2;timent du conseil d’&#xe9;valuation et s’enfonc&#xe8;rent dans un sentier magnifiquement d&#xe9;cor&#xe9;. Il n’y avait pas de petits artifices d&#xe9;pos&#xe9;s sur le sol mais de grandes statues dignes des plus grands sculpteurs repr&#xe9;sentant des personnages m&#xe9;lancoliques. Les arbres &#xe9;taient magnifiques bien que nus, aux essences inconnues, tant&#xf4;t petites et tortueuses tant&#xf4;t lisses et imposantes. Il n’y avait pas de v&#xe9;g&#xe9;tal ch&#xe9;tif et pourtant le paysage ne semblait pas am&#xe9;nag&#xe9;, et semblait &#xe9;voluer selon des lois naturelles. Cependant Wilbur nous appris &#xe0; notre grand &#xe9;tonnement qu’il n’en &#xe9;tait pas ainsi et que les lois de a nature ne sont pas parfaites pour rendre &#xe0; la beaut&#xe9; sa plus noble puret&#xe9;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&#xab;&amp;nbsp;La nature nous offre de la clameur des anges incrust&#xe9;e dans toutes choses qu’ils nous faut exploiter, nous artistes, pour en l’extraire &#xe0; l’&#xe9;tat brut. C’est donc l&#xe0; que se dessine le noble travail de l’artiste. Quand il y parvient la clameur des anges lui permet de voir la r&#xe9;alit&#xe9; pure et sans phares, ce qui est dur pour l’homme, qui ne s’y habitue jamais, mais celui-ci retire une satisfaction instantan&#xe9;e absolue dans l’accomplissement de son œuvre, et cette satisfaction est la plus grandes de toutes et d&#xe9;passe celles que peuvent &#xe9;prouver les plus grands victorieux. Mais cette satisfaction n’est que temporaire comme toutes les autres…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;L’amour n’est il pas une plus grande satisfaction que celle de l’artiste&amp;nbsp;? demanda Enha&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;L’amour n’est pas une satisfaction instantan&#xe9;e mais une volont&#xe9; durable qui am&#xe8;ne cependant &#xe0; de la satisfaction, mais il n’est pas comparable au travail de l’artiste. &amp;nbsp;&#xbb;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les trois personnages &#xe9;voluaient toujours &#xe0; travers des d&#xe9;cors &#xe9;tranges et enchanteurs. Enha entrevit quelque chose qui ressemblait &#xe0; un supermarch&#xe9;. Monsieur Wilbur s’exclama&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&#xab;&amp;nbsp;Ceci vous dit quelque chose, n’est-ce pas&amp;nbsp;? Le baron de Guord avait un penchant certain pour l’avant-gardisme. C’est un entrep&#xf4;t fait enti&#xe8;rement de m&#xe9;tal. On y trouve de tout, c’est gigantesque. Il contient tout ce que vos r&#xea;ves les plus fous ont de la peine &#xe0; introduire dans votre esprit. Vous pourrez vous y rendre tout &#xe0; l’heure si vous voulez, c’est &#xe0; deux pas de chez vous.&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Une bourgade magnifique apparut aussit&#xf4;t face aux trois personnages. Un chef d’œuvre d’architecture et d’urbanisme qui donnait peine &#xe0; y croire. Rien n’&#xe9;tait droit, rien n’&#xe9;tait align&#xe9;, mais ce fait ne donnait en rien un aspect chaotique, et le tout semblait ob&#xe9;ir &#xe0; un ordre, r&#xe9;git par des lois incompressibles qui baignaient les lieux dans une indicible harmonie, mais la premi&#xe8;re chose qui intriguait Enha, c’&#xe9;tait l’impression de d&#xe9;j&#xe0; vu. C’&#xe9;tait pourtant une impression naturelle, qui depuis longtemps n’&#xe9;tait plus un myst&#xe8;re pour la science, mais cette fois elle lui paraissait diff&#xe9;rente. Quand elle vit la maison qui allait &#xea;tre la leur cette impression ressurgit &#xe0; nouveau plus vive encore. C’&#xe9;tait une petite maison d’aspect ancien, comme tout ce qui avait &#xe9;t&#xe9; vus jusqu’alors hormis le supermarch&#xe9;, et qui resplendissait cependant des feux de la jeunesse. Il n’y avait aucun signe de modernit&#xe9; visible aux alentours, plusieurs si&#xe8;cles semblaient s’&#xea;tre succ&#xe9;d&#xe9; sans laisser de marques. D’&#xe9;tranges escaliers de bois menaient &#xe0; la porte d’entr&#xe9;e. C’&#xe9;tait plut&#xf4;t le style d’escaliers qui se rencontraient en int&#xe9;rieur, mis cela ne semblait pas attirer l’attention des deux jeunes gens. Pas plus d’ailleurs que les sofas dispers&#xe9;s dans les ruelles qui faisaient office de bancs publics, ce qui &#xe9;talait sur la bourgade de Moo une atmosph&#xe8;re chaleureuse et amicale. Monsieur Wilbur tendit un trousseau de clef &#xe0; Enha qui le remercia, et celui s’en alla vivement retrouver son poste de garde des portes de Moo. Quelle ne fut donc pas leur stup&#xe9;faction lorsqu’en ouvrant la porte, les deux amants y d&#xe9;couvrirent un arbre superbe qui&amp;nbsp; se dressait entre les quatre murs. Ils se pr&#xe9;cipit&#xe8;rent dans sa direction et d&#xe9;couvrirent que des systemes d’&#xe9;chelles et divers &#xe9;chafaudages&amp;nbsp; permettait d’acc&#xe9;der &#xe0; des habitacles en hauteur. Ils entreprirent sans plus attendre l’ascension de ce qui semblait &#xea;tre leur habitation. Quand ils atteignirent le premier niveau ils prirent un peu de repos. Enha vit alors qu’un homme habill&#xe9; enti&#xe8;rement de rose, avec un chapeau conique, venait de p&#xe9;n&#xe9;trer dans le b&#xe2;timent. Il &#xe9;tait grand et maigre. Il s’arr&#xea;ta au pied de la porte, le regard vide, sans remarquer la pr&#xe9;sence dans l’arbre. Il se mit instantan&#xe9;ment &#xe0; courir autour de l’arbre en op&#xe9;rant de grands mouvements des jambes vers l’avant, et tout cela en gardant le regard totalement inexpressif et le buste immobile. Il tourna autour de l’arbre pendant un petit moment puis se mit progressivement &#xe0; s’en rapprocher, et quand il fut tout proche il stoppa net et se mit &#xe0; uriner au pied de l’arbre. Enha en col&#xe8;re et interpella vivement Bronh mais celui-ci n’avait rien remarqu&#xe9;. Enha s’aper&#xe7;ut avec rage qu’il venait de partir. Ils reprirent leur ascension. Arriv&#xe9; au second niveau ils d&#xe9;couvrirent quelques pi&#xe8;ces de mobilier patin&#xe9; &#xe0; l’ancienne dans un style baroque. Il n’y avait rien sinon deux toges dans les tiroirs d’une commode. L’&#xe9;tage suivant &#xe9;tait la chambre. Il y avait une liasse de billets sur la table de chevet. Ils &#xe9;taient tous diff&#xe9;rent mais indiquaient tous la m&#xea;me valeur de cinq-cents. L’un d’eux &#xe9;tait &#xe0; l’effigie du baron de Guord. Celui-ci arborait une longue chevelure noire et &#xe9;tait v&#xea;tu d’un costume de teinte semblable. Les deux amants satisfaits se consult&#xe8;rent et ils d&#xe9;cid&#xe8;rent de se rendre au supermarch&#xe9; sans plus attendre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le b&#xe2;timent &#xe9;tait bien plus grand que l’on aurait pu l’imaginer en l’apercevant du chemin. Ils p&#xe9;n&#xe9;tr&#xe8;rent dans ce que l’on pouvait qualifier sans exag&#xe9;ration de temple de la consommation. Il n’y avait pas beaucoup de monde. Un homme gigantesque consultait des ouvrages anciens sur le bas d’un rayon. Ceux-ci atteignaient m&#xe8;tres de hauteur et sembler s’aligner sur des centaines de m&#xe8;tres. Les deux jeunes gens s’avanc&#xe8;rent &#xe0; travers ce paysage qui pouvait prendre les allures de cit&#xe9;es de logement HLM pour objets de toute sortes. Enha d&#xe9;couvrit avec stup&#xe9;faction sur un rayon un ouvrage tr&#xe8;s rare qui n’avait pas &#xe9;t&#xe9; r&#xe9;&#xe9;dit&#xe9; depuis plus de trente ans et quelle n’avait jamais r&#xe9;ussi &#xe0; trouver. Elle le prit et consulta ses pages. Il &#xe9;tait dans un &#xe9;tat remarquable. Elle chercha le prix qui &#xe9;tait inscrit sur une petite &#xe9;tiquette au dos de l’ouvrage. Il indiquait 7000 de la monnaie qui n’avait pas d’unit&#xe9;. Elle sorti la liasse de billet dont elle ne compta que 100. Fortement d&#xe9;&#xe7;ue elle entreprit de consulter les ouvrages adjacents qui ne coutaient gu&#xe8;re moins. Elle se r&#xe9;signa et fit signe &#xe0; son maris qui l’attendait quelques dizaines de m&#xe8;tres plus loin impatient de trouver le rayon musique. Ils se rejoignirent. Quelques minutes plus tard ils atteignirent le niveau des meubles. Ils &#xe9;taient inabordables mis ils se combl&#xe8;rent en les observant. Des petits meubles de cinquante centim&#xe8;tres de hauteur affichaient 20000. Cependant Enha &#xe9;gara son regard sur les niveaux sup&#xe9;rieurs et aper&#xe7;u des armoires gigantesques perch&#xe9;es &#xe0; une dizaine de m&#xe8;tres au dessus d’eux. L’une d’elle laissait pendre une &#xe9;tiquette qui indiquait 100. Enha ne su quoi penser de cela et d&#xe9;cida qu’ils demanderaient de plus amples informations au passage en caisse. Ils continu&#xe8;rent &#xe0; avancer parmi des objets &#xe9;tranges et loufoques. Ainsi ils travers&#xe8;rent un rayon qui ne contenait que des volailles d&#xe9;plum&#xe9;es en plastique qui agitaient leur t&#xea;te ou rebondissaient sur leur post&#xe9;rieur. Arriv&#xe9;s au rayon animalerie, ils eurent tout plaisir &#xe0; contempler des animaux de toutes sortes &#xe9;voluant des aquariums gigantesques. Ils pass&#xe8;rent rapidement et se dirig&#xe8;rent vers le rayon des plantes. Des milliers de pot &#xe9;taient entrepos&#xe9;s dans lesquels se d&#xe9;veloppaient des &#xea;tre d’une tr&#xe8;s grande vari&#xe9;t&#xe9;. Enha avait pris l’initiative de s’enfoncer dans cette jungle gigantesque quand elle s’aper&#xe7;ue que Bronh ne la suivait plus. Elle ne s’arr&#xea;ta pas pour autant et continuai d’&#xe9;voluer &#xe0; travers ces cr&#xe9;atures &#xe9;tranges. Elle d&#xe9;couvrit un passage entre deux pots de fleur qui contenaient de grands arbres et s’avan&#xe7;a sur un sol boueux et jonch&#xe9; de feuilles mortes. Les v&#xe9;g&#xe9;taux en pots maintenant formaient autour d’elle une v&#xe9;ritable for&#xea;t tropicale imp&#xe9;n&#xe9;trable. Elle continuait d’avancer imperturbable, &#xe0; travers les pots de toutes tailles elle n’avait pas peur, car l’ambiance &#xe9;tait toujours celle d’un supermarch&#xe9;, avec une musique lente et m&#xe9;lodique qui se diffusait dans l’air. Arriv&#xe9; au bout de ce qui s’av&#xe9;rait &#xea;tre un cul-de-sac, elle tomba &#xe9;merveill&#xe9;e devant un ph&#xe9;nom&#xe8;ne intriguant. Elle venait de se frotter &#xe0; une plante &#xe9;trange qui aussit&#xf4;t s’&#xe9;tait recroquevill&#xe9;e sur sa tige. Sur le pot il y avait une &#xe9;tiquette sale sur laquelle &#xe9;tait inscrit le prix qui &#xe9;tait de 1. Enha &#xe9;tait surprise. Elle n’h&#xe9;sita pas, pris le pot dans ses bras puis se dirigeai vers la sortie de la &#xab;&amp;nbsp;for&#xea;t&amp;nbsp;&#xbb;. Elle retrouva Bronh dans le rayon musical. Il avait trouv&#xe9; de quoi faire son bonheur. Ils suivirent ensuite les panneaux qui indiquaient la sortie du magasin. Quand ils l’eurent atteinte, ils pay&#xe8;rent &#xe0; l’unique caisse, qui &#xe9;tait tenue par un individu souriant dans un rictus forc&#xe9; qui allait tr&#xe8;s bien avec son visage lisse au teint plastifi&#xe9;. Il avait les oreilles d&#xe9;coll&#xe9;es et une barbe postiche.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;-&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&#xab;&amp;nbsp;Bonne journ&#xe9;e messieurs dames&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;La sortie du magasin &#xe9;tait d&#xe9;serte. Il n’y avait pas de v&#xe9;hicule ni de parking. Il faisait nuit maintenant.&amp;nbsp; Bronh et Enha suivirent le chemin en ligne droite qui allait en direction de la ville. Il faisait maintenant froid et humide et de la terre mouill&#xe9;e &#xe9;manait une odeur agr&#xe9;able qui rendait heureux. Cet humus humide d&#xe9;gageait l’odeur du vieux, des for&#xea;ts et leur donnai de la joie de vivre, car il &#xe9;veilla un souvenir qui restait intact de leur enfance. L’odeur de la terre diffuse dans l’air frais du soir et la qui&#xe9;tude environnante en ces d&#xe9;buts de soir&#xe9;es pluvieuses faisait ressurgir les souvenirs mais &#xe9;tait aussi et de ce fait &#xe0; l’origine de pens&#xe9;es qui allaient jusqu’&#xe0; dresser un bilan de conscience qui faisait sombrer dans la m&#xe9;lancolie. Dans ces moment-l&#xe0; tout semble si beau, si brut, si r&#xe9;el, on a l’impression qu’aucun obstacle n’entrave la perception, et l’esprit divague et vagabonde dans le temps, dans l’espace, dans le pass&#xe9; et dans le pr&#xe9;sent jusqu’&#xe0; la ligne d’horizon, dans le futur et l’irr&#xe9;el. Mais cet &#xe9;tat de conscience ne dura pas longtemps cher Enha car la jeune fille venait de remarquer qu’elle &#xe9;tait d&#xe9;sormais seule au beau milieu d’un cimeti&#xe8;re. Les gigantesques statues dispos&#xe9;es aux alentours et que le clair de lune faisait reluire sous la pluie battante semblaient quand &#xe0; elle refl&#xe9;ter l’&#xe9;tat de conscience qu’elle venait de perdre &#xe0; l’instant en oubliant le calme de la nuit, car Enha &#xe9;tait toute seule d&#xe9;sormais, et la peur et l’angoisse se substitu&#xe8;rent peu &#xe0; peu &#xe0; la qui&#xe9;tude de quelques instants, et les sons les plus insignifiants se mu&#xe8;rent en rugissement et froissements myst&#xe9;rieux. Enha se senti soudainement capable de se jeter dans l’armure de l’inconscience. Maintenant tout n’avait plus d’importance, elle se sentait puissante au point que la peur ne pouvais plus l’atteindre. Elle entreprit telle une hyst&#xe9;rique de briser des tombes et sautant dessus &#xe0; pieds joints. Elle s’imagina brisant des boites de bonbons et parfois elle chutait dans la tombe et faisait de grands gestes pour ramasser ce qui se trouvait &#xe0; ses pieds, portait ses mais &#xe0; sa bouche et consommait ce qu’elle imaginait &#xea;tre des bonbons. Puis elle sortait de la tombe, enjambait les suivantes et recommen&#xe7;ait son man&#xe8;ge quelques m&#xe8;tres plus loin. Ce qu’elle savait d&#xe9;sormais c’&#xe9;tait que son armure n’&#xe9;tait pas celle de l’inconscience mais bien celle de la conscience. Elle se savait en dehors de la r&#xe9;alit&#xe9;, elle venait de prendre conscience du songe, car elle en &#xe9;tait d&#xe9;sormais sure&amp;nbsp;; elle r&#xea;vait. Elle continua de d&#xe9;truire son environnement &#xe0; coups de pieds comme un d&#xe9;cor de jeu vid&#xe9;o, puis elle aper&#xe7;u un tunnel et s’y engagea sans r&#xe9;fl&#xe9;chir. Elle se mit &#xe0; courir &#xe0; l’int&#xe9;rieur du corridor &#xe9;troit, sombre et humide en gardant les yeux fix&#xe9;s droit devant elle, sans m&#xea;me prendre garde ou elle mettait les pieds…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Enha se r&#xe9;veilla en sursaut. Il faisait un grand soleil au dehors. Elle se leva rapidement puis se dirigea vers la porte de sa chambre, puis failli tr&#xe9;bucher sur une plante du parquet qui se d&#xe9;collait du sol. Elle stoppa sa marche, stup&#xe9;faite&amp;nbsp;; le soul&#xe8;vement de la planche venait de r&#xe9;v&#xe9;ler &#xe0; Enha un paysage de gorges qui se trouvait au dessous de sa chambre et qu’elle n’avait jamais remarqu&#xe9;. Toutes les planches se mirent alors &#xe0; vaciller et Enha fut d&#xe9;s&#xe9;quilibr&#xe9;e et chut dans le vide. Elle ’avait pas peur et se mit en position de plongeon, et quelques secondes plus tard elle p&#xe9;n&#xe9;tra dans les eaux froides des profondeurs de la gorge la t&#xea;te la premi&#xe8;re. Elle plongea ainsi jusqu&apos;&#xe0; environ trente m&#xe8;tres de profondeur, pr&#xe8;s du fond qui &#xe9;tait parsem&#xe9; de grandes algues qui de pr&#xe9;sentaient sous la forme de longs filaments verts…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Enha se r&#xe9;veilla en sursaut. Il &#xe9;tait dix heures treize sur son r&#xe9;veil et il faisait un grand soleil au dehors, mais il avait du pleuvoir car les carreaux de la chambre ruisselaient encore de l’ext&#xe9;rieur. Elle venait encore de faire un r&#xea;ve &#xe9;trange et d&#xe9;jant&#xe9; comme elle en &#xe0; coutume, mais elle ne se souvient plus, en tout cas pas assez. Elle se souvenait cependant qu’elle venait de simuler son r&#xe9;veil&amp;nbsp;; c’est ce qui se passe parfois quand on prend conscience du r&#xea;ve. Celui-ci prend fin et laisse la place &#xe0; un autre qui se d&#xe9;roule de nouveau avec la conviction d’&#xea;tre r&#xe9;el. Enha se figea, assise sur son lit en contemplant l’ext&#xe9;rieur, pensivement. Elle avait l’impression d’avoir v&#xe9;cu quelque chose d’exceptionnel, mais peu de choses lui parvinrent &#xe0; l’esprit, seulement des images, des images superbes mais confuses. Elle s’empressa d’en griffonner quelques-unes sur petit carnet &#xe0; spirales qu’elle tenait toujours &#xe0; sa port&#xe9;e. Il y avait parmi elle un supermarch&#xe9;, des falaises gigantesques et un paysage parsem&#xe9; de statues d’anges, de guerriers et de h&#xe9;ros. Quand elle eu termin&#xe9;, elle se levai et prenant soin de ne pas r&#xe9;veiller Bronh qui dormait &#xe0; ses c&#xf4;t&#xe9;s puis posant son carnet &#xe0; spirales sur la table de nuit ainsi qu’un livre sur lequel elle s’&#xe9;tait endormie la veille, elle s’aper&#xe7;u que le chien avait encore piss&#xe9; sur le tapis de lit, et que les goutti&#xe8;res du toit avait encore inond&#xe9; le sol vers la porte, et des planches gondol&#xe9;es et pourrissantes commen&#xe7;aient &#xe0; se d&#xe9;coller. Elle se souvenait pourtant d’avoir ferm&#xe9; la porte, elle ne comprenait pas. Face &#xe0; de tels agissements elle se sentait impuissante. Ensuite, elle se dirigea vers la cuisine, de nouveau pensive. Le livre pos&#xe9; sur son lit &#xe9;tait intitul&#xe9; &#xab;&amp;nbsp;La clameur des anges&amp;nbsp;&#xbb; et &#xe9;tait l’œuvre du baron de Guord, personnage atypique qui passionnai Enha, friande d’utopie et passionn&#xe9;e par le r&#xea;ve. Arriv&#xe9;e &#xe0; la cuisine, elle se mit au travail&amp;nbsp;; aujourd’hui elle devait recevoir sa famille &#xe0; diner, et c’&#xe9;tait beaucoup de m&#xe9;nage en perspective, de la cuisine et par cons&#xe9;quent de la vaisselle &#xe0; faire, et Enha n’aimait pas cela du tout. En plus, elle ne supportait pas sa famille, elle savait qu’ils allaient encore lui faire des remarques d&#xe9;gradantes, juger sa tenue, son style. Mais elle n’en ferait rien, elle avait d&#xe9;cid&#xe9; qu’elle n’en avait rien &#xe0; faire, et ce n’&#xe9;tait pas eux avec leurs viles objections au sujet de son œuvre, de sa sois disant immoralit&#xe9;, et de sa paraisse qui &#xe9;tait en train d’entrainer elle et Bronh dans la mis&#xe8;re, d’apr&#xe8;s ce qu’ils disaient, eux et leur philosophie &#xe0; deux balles, leur vie inutile qu’ils consid&#xe8;rent comme remplie dans leur id&#xe9;al lib&#xe9;ral absolu ou ils se plaisent et qui selon eux fait d’eux des m&#xe9;ritants mais qui en v&#xe9;rit&#xe9; ne les rend que plus vils, plus amers et plus l&#xe2;ches. Ils ne consid&#xe8;rent plus comme leurs semblables ceux qui ont &#xe9;chou&#xe9; au sein du &#xab;&amp;nbsp;syst&#xe8;me&amp;nbsp;&#xbb;, qui repr&#xe9;sente leur &#xab;&amp;nbsp;id&#xe9;al&amp;nbsp;&#xbb; admis. Risibles vermines, ce n’est pas eux qui lui permettront de franchir les portes du paradis. Enha n’en pouvait plus de supporter une existence ou la perception &#xe9;tait si superficielle, ou les relations d&#xe9;rivant de l’insensibilit&#xe9; r&#xe9;ciproque rendait l’homme plus vil et plus l&#xe2;che, dans un monde ou l’erreur admise comme v&#xe9;rit&#xe9; et bienfaisance enchaine l’esprit &#xe0; un mod&#xe8;le, un id&#xe9;al communautaire et invisible dont on ne peut se d&#xe9;livrer qu’en le d&#xe9;terrant des racines de l’humanit&#xe9;. Non, d&#xe9;cid&#xe9;ment le seul endroit ou l’esprit est libre et ma&#xee;tre&amp;nbsp; de lui-m&#xea;me, c’est le dernier domaine de l’homme; le songe, de m&#xea;me terre de la beaut&#xe9; pure et de l’irrationnel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 23 Jun 2011 18:01:00 GMT</pubDate></item><item><title>Chronique des derniers domaines</title><dc:creator>Kronh</dc:creator><link>http://realiser.canalblog.com/archives/2009/07/18/14432731.html</link><comments>http://realiser.canalblog.com/archives/2009/07/18/14432731.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://realiser.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14432731/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://realiser.canalblog.com/archives/2009/07/18/14432731.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;Peu de gens dans la rue, et pourtant la m&#xe9;t&#xe9;o &#xe9;tait favorable &#xe0; une sortie en plein air. Les 48&#xb0;C&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;que retenait l’atmosph&#xe8;re gris&#xe2;tre et pesante de la ville de Komph-Zayomi &#xe9;tait tout &#xe0; fait supportables pour toute personne &#xe9;prouvant un besoin insurmontable de respirer l’air naturel dont ils &#xe9;taient priv&#xe9;s de jours durant. A tous les coins de rue des personnes suffoquaient, crachaient de leurs poumons un air que ces derniers n’&#xe9;taient plus en mesure d’accepter. En lanternant plus longtemps &#xe0; l’ext&#xe9;rieur je ne tarderais pas &#xe0; ressentir les m&#xea;mes complications. L’air de la ville &#xe9;tait satur&#xe9; en dioxyde de carbone et en m&#xe9;taux lourds. La teneur en m&#xe9;thane &#xe9;tait des plus inqui&#xe9;tantes. Sans tarder je fis route vers mon appartement. C’&#xe9;tait&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;un petit deux-pi&#xe8;ces des plus basiques. Un panneau photovolta&#xef;que alimentait tant bien que mal mon petit poste &#xe0; imagerie num&#xe9;rique. Je retranscris rapidement le niveau de l’eau que remplissait le vieux tonneau &#xe9;tanche qui tenait lieu de r&#xe9;servoir d’eau potable. Celui-ci &#xe9;tait surmont&#xe9; d’un petit filtre &#xe0; particule qui, lors des rares averses de pluies acides, &#xe9;purait les quelques litres d’un liquide jaune pour en extraire la ressource hydrique. Quelques rayons solaires parvenaient jusque dans la pi&#xe8;ce, ayant brav&#xe9; des brumes impures de la stratosph&#xe8;re jusqu’aux vitres noircies de l’appartement, tel des obstacles nous s&#xe9;parant de l’astre m&#xe8;re dont nous ne distinguons plus maintenant que le halo de sa lumi&#xe8;re. Une aubaine pour le petit bonsa&#xef; qui pourra ainsi reprendre ses belles couleurs, car le manque de lumi&#xe8;re, qui a &#xe9;t&#xe9; fatal pour de nombreux v&#xe9;g&#xe9;taux depuis la guerre de 2368 ou l’on vis l’atmosph&#xe8;re terrestre s’assombrir, pourrais bien venir &#xe0; bout de ce minuscule v&#xe9;g&#xe9;tal d’une extr&#xea;me raret&#xe9;. Je m’appuyai sur mon vieux fauteuil et allumai mon poste. &#xab; Mesdames et messieurs bonsoir. Tout de suite les titres de l’actualit&#xe9; pour ce 58 Kator&amp;nbsp; avec la disparition du dernier sp&#xe9;cimen d’&#xe9;l&#xe9;phant ce matin dans la r&#xe9;serve mondiale de biodiversit&#xe9; du continent africain. L’animal &#xe9;tait le dernier repr&#xe9;sentant de l’ordre des proboscidiens. L’esp&#xe8;ce faisait depuis des si&#xe8;cles l’objet d’un intense programme de conservation au niveau mondial, reconnu comme &#xe9;tant le plus gros mammif&#xe8;re terrestre vivant jusqu’&#xe0; aujourd’hui ...&#xbb;. A ces phrases, ma r&#xe9;action fut de fondre en larmes. Tout ce que la nature avait b&#xe2;ti &#xe9;tait en train de dispara&#xee;tre, la biodiversit&#xe9;, la nature sauvage, l’air pur, tout n’est plus que souvenir dans un monde ou plus rien n’a de sens. Dans ma vielle biblioth&#xe8;que poussi&#xe9;reuse se trouvait les derniers vestiges d’un monde perdu. Un ouvrage s’y trouvant &#xe9;tait intitul&#xe9; &#xab; l’encyclop&#xe9;die du monde animal &#xbb;. Je me mis &#xe0; la recherche de la rubrique &#xab; &#xe9;l&#xe9;phantid&#xe9; &#xbb;, et sous mes yeux d&#xe9;fil&#xe8;rent les feuilles couvertes de ratures d’o&#xf9; s’&#xe9;chappait une odeur de pass&#xe9;. Il &#xe9;tait difficile pour moi d’admettre que nous ne reverrons plus jamais ces &#xea;tres uniques, et que tout ce qu’il reste sous nos yeux de ce r&#xe8;gne dont nous n’avons jamais trouv&#xe9; trace dans l’univers, ce sont des &#xea;tres semblables &#xe0; nos propre reflet. Les animaux imprim&#xe9;s sur les pages semblaient me d&#xe9;visager, dans leur regard se lisait la volont&#xe9; de ressurgir du pass&#xe9;. Plus jamais nous ne pourrons appr&#xe9;cier la majest&#xe9; d’un lion, la f&#xe9;rocit&#xe9; d’un ours, la gr&#xe2;ce d’un aigle en chasse…Chaque extinction s’av&#xe8;re m’atteindre au plus profond de mon &#xe2;me humaine. C’est bon, j’y suis. Un coup de crayon sur ce qui fut le plus grand mammif&#xe8;re terrestre. Seulement une trentaine d’illustrations restaient encore inalt&#xe9;r&#xe9;es,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;et parmi elles se trouvait un animal qui, lui et lui seul n’est indubitablement pas menac&#xe9; : le rat. Lui seul a pu tirer parti du cahot que l’homme a install&#xe9;. Cet animal sera sans aucun doute en finale de la comp&#xe9;tition pour le titre de &#xab; dernier repr&#xe9;sentant du r&#xe8;gne animal &#xbb;. Soudain, un cris retentit:&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;&#xab; Papy, y’a un rat dans le placard ! &#xbb; &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;Je pris mon poignard et accouru. Le monstre pris la fuite, traversa la pi&#xe8;ce en diagonale et s’empressait d’escalader le mur du fond quand il se figea… &#xab; Trop fort papy ! T’as appris &#xe7;a &#xe0; la guerre? &#xbb; Un moment de silence s’&#xe9;tait infiltr&#xe9;. Je r&#xe9;torquai &#xab; Ne me parle plus de la guerre, Akhan, je te l’ai d&#xe9;j&#xe0; dit… &#xbb;. Le rat vivait toujours et poussait des g&#xe9;missements aigus. Je m’empressai de l’achever. &#xab; Papy, y’a plus de riz ! &#xbb;. Un bruit de chair tranch&#xe9;e se fit entendre &#xe0; ce moment l&#xe0; &#xab; Sale b&#xea;te ! &#xbb; puis avec un soupir de d&#xe9;sespoir &#xab; Y’a plus qu’a retourner &#xe0; la Tirga &#xbb;. La Tirga, c’&#xe9;tait la Tirganosph&#xe8;re, un espace clos destin&#xe9; &#xe0; l’agriculture et &#xe0; l’&#xe9;levage. L’id&#xe9;e qui &#xe0; d’ailleurs sauv&#xe9; l’humanit&#xe9; &#xe9;tait de confiner sous des serres g&#xe9;ante les dernier lopins de terre fertile &#xe9;pargn&#xe9;s par les combats apr&#xe8;s la guerre de 2368. Les substances ayant &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;vers&#xe9;es sur le sol terrestre durant la guerre l’on rendu totalement infertile, et les pluies de bombes on finit par chambarder la plupart des entit&#xe9;s terrestre qui avaient surv&#xe9;cu aux cons&#xe9;quences du r&#xe9;chauffement climatique. Ces serres ont &#xe9;t&#xe9; b&#xe2;ties dans le but d’y exercer une agriculture durable et ainsi nourrir la population rescap&#xe9;e. L’id&#xe9;e est venue du grand Valdaor Tirganov, maintenant grand despote, v&#xe9;n&#xe9;r&#xe9; comme &#xe9;tant le sauveur de l’humanit&#xe9;. Les quatre r&#xe9;serves mondiales de biodiversit&#xe9; ou sont conserv&#xe9;es les derni&#xe8;res esp&#xe8;ces animales et v&#xe9;g&#xe9;tales sont des Tirganosph&#xe8;res. L’humanit&#xe9; ainsi que tout ce qu’il reste de la biodiversit&#xe9; d&#xe9;pend de ces Tirgas. &#xab; On est arriv&#xe9;, fiston ! &#xbb;. C’&#xe9;tait la premi&#xe8;re fois que Akhan m’accompagnait &#xe0; la serre g&#xe9;ante. Il &#xe9;tait &#xe9;merveill&#xe9;. &#xab;C’est trop fort !&#xbb;. A ces mots il finit la gourde d’eau que nous avions emport&#xe9;. Le b&#xe2;timent &#xe9;tait gigantesque. L’atmosph&#xe8;re devenue &#xe9;touffante nous pressa de p&#xe9;n&#xe9;trer l’&#xe9;difice. Des vigiles contr&#xf4;laient les entr&#xe9;es dans la galerie et des infrastructures de s&#xe9;curisation avait &#xe9;t&#xe9; install&#xe9;es pour &#xe9;viter tout risque d’attentat dans le b&#xe2;timent de la derni&#xe8;re chance, qui &#xe9;tait le symbole de la survie humaine. La moindre complication int&#xe9;rieure &#xe0; la structure pourrait conduire &#xe0; l’extinction de notre esp&#xe8;ce. Nous p&#xe9;n&#xe9;tr&#xe2;mes dans le corridor qui menait &#xe0; la salle de partage des ressources nourrici&#xe8;res. C’&#xe9;tait un long couloir translucide &#xe0;u travers duquel nous pouvions apercevoir, en contrebas et en dessous du niveau du sol, les exploitations agricoles. Les temp&#xe9;ratures dans les profondeurs sont plus fra&#xee;ches. De nombreux exploitants s’affairaient dans les cultures. En tranchant &#xe0; la faucille, en labourant &#xe0; la charrue, ils employaient des m&#xe9;thodes dignes de nos lointains anc&#xea;tres. Et nos p&#xe8;res d’entre-temps, qu’ont-ils eu &#xe0; leur l&#xe9;guer ? &#xab; Regarde, papy, c’est quoi ces b&#xea;tes en dessous de nous! &#xbb;. &#xab; Ce sont des cochons, Akhan, ils servent &#xe0; faire le jambon que nous mangeons.&#xbb;. Nous approchions de l’embouchure du tunnel. On pouvait remarquer &#xe0; travers les parois que tous les b&#xe2;timents &#xe9;taient fix&#xe9;s au pilier central qui maintenait la vo&#xfb;te de l’&#xe9;difice. Cette structure centrale servait aussi de r&#xe9;serve d’eau, en r&#xe9;coltant les eaux pluviales qui s’abattaient sur la vo&#xfb;te, qui prenait la forme d’un entonnoir. Nous p&#xe9;n&#xe9;tr&#xe2;mes dans une salle emplie de clameurs de m&#xe9;contentement. Une femme criait son d&#xe9;sarroi devant le guichet o&#xf9; l’on distribuait les rations alimentaires. On leur r&#xe9;pondait &#xab; Madame, vous ne pouvez plus solliciter nos services avant 12 jours, votre cr&#xe9;dit est r&#xe9;volu &#xbb; L’ambiance dans la salle n’avait rien de positif. Apr&#xe8;s une heure et demi d’attente nous &#xe9;tions au bord de la crise de nerfs. Nous quitt&#xe2;mes le b&#xe2;timent avec seulement une vielle miche de pain, une douzaine œufs, un morceau de lard, quelques litres de lait et un sachet de p&#xe2;tes. S’&#xe9;tait peu mais cela suffisait pour quelques jours. Nous repart&#xee;mes plut&#xf4;t heureux en direction de n&#xf4;tre foyer. Ce jour-l&#xe0; le ‘smog’ &#xe9;tait plus &#xe9;pais que d’habitude. Nous avions du mal &#xe0; distinguer le sol. Quelques minutes apr&#xe8;s &#xea;tre sorti de la Tirga, je commen&#xe7;ais &#xe0; avoir la d&#xe9;sagr&#xe9;able impression d’&#xea;tre suivi. C’est &#xe0; ce moment la que je senti quelque chose s’agripper &#xe0; ma cheville. P&#xe9;trifi&#xe9; de terreur, je stoppai ma marche dans le brouillard. J’entendis alors une voie sourde et suppliante &#xab;Piti&#xe9;, d&#xe9;livrez-moi de se mal qui me ronge… &#xbb; A ces mots j’eu un &#xe9;lan de terreur. J’agrippai Akhan par la manche et pris la fuite. C’est seulement de retour &#xe0; l’appartement, &#xe0; la lumi&#xe8;re de la vielle ampoule, que je vis ma cheville gauche et mes chaussures immacul&#xe9;es de sang. Akhan ne s’&#xe9;tait aper&#xe7;u de rien. Je me h&#xe2;tai donc de me changer. Le soir venu Akhan me demandait pour quelle raison j’avais cri&#xe9;. Je lui r&#xe9;pondit seulement que j’avais peur du noir. Puis, pour d&#xe9;tourner la conversation mais aussi parce qu’il le fallait, je dit : &#xab; Akhan, le temps est venu pour moi de te raconter un peu mon histoire… &#xbb;. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot; lang=&quot;ES-TRAD&quot;&gt;-D’accord, papy. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;Vas y, raconte. Je veux savoir comment c’&#xe9;tait, la guerre. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;-Bien sur, mais avant je doit te raconter ce qui c’est pass&#xe9; avant la guerre. Comme tu le sais, du haut de mes 96 ans, mes connaissances sur la vie et sur l’histoire de notre civilisation sont bien plus grandes que les tiennes. Comme tu &#xe0; du l’apprendre durant tes stages de d&#xe9;veloppement intellectuel, la monde dans lequel j’ai v&#xe9;cu avant la guerre n’&#xe9;tait en aucun point semblable &#xe0; celui d’aujourd’hui. La nature vivait encore sous le cycle des saisons, le printemps faisait pousser les feuilles sur les branches des arbres, l’automne les en retirait, l’hiver recouvrait les arbres nus de son manteau de neige, les oiseaux chantaient, les animaux &#xe9;taient encore globalement libres et abondants sur la surface du globe. Mais depuis son arriv&#xe9;e sur terre il y &#xe0; environ deux millions d’ann&#xe9;es, et plus particuli&#xe8;rement &#xe0; mon &#xe9;poque, l’homme &#xe0; toujours voulu bouleverser les r&#xe8;gles de la nature en imposant les siennes &#xe0; la place. Lorsque il a d&#xe9;couvert des gisements d’&#xe9;nergie fossile, l’homme &#xe0; rapidement su en tirer profit en inventant des machines consommant ces &#xe9;nergies afin d’aider l’homme &#xe0; s’installer, &#xe0; se d&#xe9;placer plus vite, plus loin, &#xe0; s’informer, &#xe0; se divertir, puis &#xe0; produire toujours plus. L’homme a ainsi cr&#xe9;&#xe9; une soci&#xe9;t&#xe9; de consommation. Puis un jour il s’est aper&#xe7;u que toute les transformations avait affect&#xe9; profond&#xe9;ment l’&#xe9;quilibre ce la nature. Les esp&#xe8;ces se sont mises &#xe0; dispara&#xee;tre, le climat s’est mis &#xe0; se d&#xe9;r&#xe9;gler, les continents on commenc&#xe9; &#xe0; dispara&#xee;tre sous des oc&#xe9;ans de plus en plus vastes… Les grands penseurs de toute la plan&#xe8;te on tir&#xe9; la sonnette d’alarme, de nombreuses personnes se sont mobilis&#xe9;es pour tenter d&apos;agir contre le ph&#xe9;nom&#xe8;ne. Ils voulaient stopper l’h&#xe9;morragie. Mais les effets furent minimes, le processus &#xe9;tait alors enclench&#xe9; et il &#xe9;tait pratiquement impossible de le stopper. La majorit&#xe9; des &#xea;tres humains continuaient de consommer sans se soucier de ce qui allait se passer. Certains m&#xea;mes voyaient en ces changements une cause non anthropique.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En 2368, apr&#xe8;s de fortes tensions internationales caus&#xe9;es par l’&#xe9;puisement des &#xe9;nergies fossiles, une guerre &#xe9;clata entre les capitalistes et les communistes. Les affrontements entre les deux cohortes furent d’une violence telle qu’elle an&#xe9;anti en moins d’un an plus de 94% de la population mondiale. Disparurent aussi une grande partie des esp&#xe8;ces animales et v&#xe9;g&#xe9;tales, et beaucoup de nos technologies, de nos m&#xe9;thodes de fonctionnement et de fabrications. Je fus de cet affrontement, et comme tout les soldats, j’&#xe9;tais pr&#xea;t &#xe0; tuer, &#xe0; d&#xe9;truire pour gagner cette guerre. J’&#xe9;tais artilleur. J’ai tu&#xe9; beaucoup de gens, j’ai d&#xe9;truis beaucoup de notre monde… Je m’en veux maintenant terriblement, et ma seule raison de vivre aujourd’hui, c’est toi, Akhan. Ta grand-m&#xe8;re est morte durant les combats comme la grande majorit&#xe9; des civils. J’ai pu sauver ta m&#xe8;re et ton oncle, qui lui est mort peu apr&#xe8;s la fin des combats. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;-Il ne faut pas t’en vouloir, grand-p&#xe8;re, si tu ne l’aurais pas fait, quelqu’un d’autre l’aurai fait &#xe0; ta place. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;-Ce n’est pas comme cela qu’il faut voir les choses, Akhan, m&#xea;me si cela parait logique, et m&#xea;me si cela &#xe9;vite des ennuis, il faut voir les choses autrement. Si tout le monde pensait comme toi, personne ne serait responsable, mais le probl&#xe8;me c’est que dans une guerre il y a toujours des responsables, et ce sont ceux qui on tu&#xe9;, d&#xe9;truit ou command&#xe9; de le faire… Tous les anciens combattant de 2368 sont de&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;ceux-l&#xe0;… &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;Le lendemain matin, en d&#xe9;jeunant tranquillement devant le canal num&#xe9;rique de Kromph-Zayomi qui divulgais les nouvelles du jour, un sursaut me fit renverser le verre de lait que je tenais &#xe0; la main quand on communiqua l’information &#xab; C’est ce matin aux alentours de huit heure que deux habitants de Kromph-Zayomi ont d&#xe9;couvert, en se rendant &#xe0; la Tirganosph&#xe8;re, le corps de deux&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;hommes, l’un d’eux n’a pu &#xea;tre identifi&#xe9; &#xe0; cause des nombreuses lac&#xe9;rations sur le visage. Le deuxi&#xe8;me &#xe0; &#xe9;t&#xe9; retrouv&#xe9; &#xe9;visc&#xe9;r&#xe9; et les membres inf&#xe9;rieurs d&#xe9;chiquet&#xe9;s. Nous ne nous prononcerons pas formellement sur ce qui pourrait &#xea;tre la cause de cette mort atroce mais des traces de m&#xe2;choires ont &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;couvertes et sont analys&#xe9;es. Elles pourraient appartenir, selon certains sp&#xe9;cialistes, &#xe0; un sp&#xe9;cimen de rat particuli&#xe8;rement massif. Aucun autre suspect sur la liste pour le moment, car le rat est officiellement la derni&#xe8;re esp&#xe8;ce de vert&#xe9;br&#xe9; terrestre &#xe0; sillonner notre plan&#xe8;te &#xe0; l’&#xe9;tat sauvage, et aucun &#xea;tre humain ne pourrait &#xea;tre tenu pour responsable d&apos;un tel carnage… &#xbb; Je d&#xe9;cidai de ne pas parler de cette histoire &#xe0; Akhan. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;Cinq jours s’&#xe9;taient &#xe9;coul&#xe9;s depuis l’annonce de la nouvelle. D&#xe9;sormais, plus personne ne sortait de chez lui sans &#xea;tre arm&#xe9; au pr&#xe9;alable d’un couteau. Les quelques audacieux sillonnant les rues se faisaient de plus en plus rares. Trois nouveaux cadavres ont &#xe9;t&#xe9;s retrouv&#xe9;s depuis, pareillement massacr&#xe9;s. Bien assez pour provoquer l’anxi&#xe9;t&#xe9; dans la cit&#xe9; toute enti&#xe8;re. Je faisait parti des quelques t&#xe9;m&#xe9;raires qui se partageaient les ruelles de Kromph-Zayomi. C’&#xe9;tait le jour de l’anniversaire de Akhan. Je sillonnais les quelques boutiques de la ville dans l’espoir de lui trouver quelque chose &#xe0; son go&#xfb;t. La surprise se lisait sur le visage des marchands lors de mon entr&#xe9;e dans chaque magasin. Peu de personnes p&#xe9;n&#xe9;traient encore les boutiques par l’ext&#xe9;rieur des b&#xe2;timents car de nombreux couloirs de liaisons internes permettaient de circuler dans toute la ville sans avoir &#xe0; mettre le nez dehors. Le premier boutiquier qui me re&#xe7;u fut un antiquaire. Sur de vielles &#xe9;tag&#xe8;res se trouvait toute sortes d’objets de l’ancienne &#xe9;poque : des livres, des ordinateurs, des appareils photo, d’anciens t&#xe9;l&#xe9;viseurs &#xe0; &#xe9;cran plasma ou cristaux liquide, et m&#xea;me une voiture &#xe0; essence et quelques autres engins motoris&#xe9;s. Je pris &#xe0; Akhan une console multim&#xe9;dia en &#xe9;tat de marche et quelques jeux vid&#xe9;o… Le seul passe-temps amusant dans un monde ou plus rien n’est beau, plus rien ne vit. Les joueurs avaient, en s’impr&#xe9;gnant dans le jeu, le sentiment de quitter leur monde, parfois m&#xea;me ils d&#xe9;cha&#xee;naient leur col&#xe8;re sur ceux qui ont d&#xe9;truit leur &#xe9;poque et an&#xe9;anti leur &#xe9;den, dans des jeux de guerre et de combat. Pour le retour, je choisis de cheminer par l’int&#xe9;rieur, en raison d’un brouillard &#xe9;pais qui venait de s’installer sur la ville. La route &#xe9;tait plus longue en empruntant cette voie, mais bien plus s&#xfb;re. L’hiver arrivait, la temp&#xe9;rature avait baiss&#xe9; de 36&#xb0;C en deux jours, ce qui n’avait pas manqu&#xe9; de fragiliser les plus f&#xe9;briles. La foule se pressait dans la ruelle int&#xe9;rieure. La t&#xea;te basse, le corps emmitoufl&#xe9; dans de vielles laines, le peuple n’attendait que le retour au foyer, le poste &#xe0; imagerie, le regard des siens, et n’esp&#xe9;rait&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;qu’une nuit emplie d’amour et de songes pour pouvoir s’&#xe9;loigner de la fatalit&#xe9; du quotidiens et peu &#xea;tre entrevoir et sillonner un monde pur b&#xe2;ti de toutes pi&#xe8;ces par leurs esp&#xe9;rances. Une rumeur commen&#xe7;ait &#xe0; se r&#xe9;pandre dans la ville. Je la surpris dans une conversation entre deux hommes qui marchaient &#xe0; mes c&#xf4;t&#xe9;s &#xab; T’a entendus &#xe0; ce qui parait y’a des tas de maladies infectieuses qui ont refait surface &#xe0; cause du froid. Pour certaines d’entre-elles y’aurais plus de traitement maintenant, on aurait perdu la souche des vaccins pendant la guerre… &#xbb; Cette discutions me laissa songeur. De retour &#xe0; la maison, les paroles se confirmaient sur l’&#xe9;cran d’imagerie. L’alerte rouge venait d’&#xea;tre install&#xe9;e. Plusieurs maladies infectieuses venaient de se d&#xe9;clarer subitement le jour m&#xea;me. &#xab; Akhan, viens ici, j’ai quelque chose &#xe0; te donner.&#xbb; Mon petit-fils ne se fit pas attendre, il surgit de la pi&#xe8;ce voisine qui lui servait de chambre autant qu’&#xe0; moi. &#xab; C’est pour toi Akhan, joyeux anniversaire fiston ! &#xbb; Le gamin&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&#xe9;tait heureux. C’&#xe9;tait un de mes derniers plaisirs de voir ses yeux briller d’amour pour son grand p&#xe8;re. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;Deux semaines plus tard, l’humanit&#xe9; &#xe9;tait d&#xe9;cim&#xe9;e de moiti&#xe9; par des maladies que l’on croyait disparues. Le cannibalisme qui &#xe9;tait la raison de nombreux meurtre prenait une ampleur inestimable. Quelques mois plus tard la vague &#xe9;pid&#xe9;miologique stoppa net. . Tout ceux qui n’avaient pas v&#xe9;cu l’avant-guerre n’avais jamais &#xe9;t&#xe9;s vaccin&#xe9;s, et j’&#xe9;tais le dernier &#xe0; l’avoir v&#xe9;cu…Je suis &#xe0; ce jour le dernier homme sur cette Terre avec Akhan, et je consigne la m&#xe9;moire d’un homme, ce qu&apos;il reste de la m&#xe9;moire de tous les hommes. La nature a voulu nous &#xe9;liminer, elle a livr&#xe9; bataille et en est ressortie affaiblie, mais elle puisera dans cette victoire la force qui lui sera n&#xe9;cessaire pour s’&#xe9;panouir &#xe0; nouveau. Les rat ont bel et biens gagn&#xe9; la bataille … &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;Akhan, qu’a tu &#xe0; dormir depuis temps de nuits et temps de jours… Ton visage s’est creus&#xe9;, tes membres on s&#xe9;ch&#xe9;, tu &#xe0; le visage de la mort… Ai&apos;je perdu la raison ? Akhan! Akhan! Dois-je admettre l’id&#xe9;e de t’avoir perdu ? D’avoir tout perdu… &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Andy;&quot;&gt;Kronh&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 17 Jul 2009 22:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>Que faites-vous ici?</title><dc:creator>Kronh</dc:creator><link>http://realiser.canalblog.com/archives/2009/07/18/14432721.html</link><comments>http://realiser.canalblog.com/archives/2009/07/18/14432721.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://realiser.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14432721/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://realiser.canalblog.com/archives/2009/07/18/14432721.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;courier new, courier, mono&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Vous &#xea;tes-vous perdu? Vous venez d&apos;acc&#xe9;der &#xe0; un recoin inexplor&#xe9; de la toile. Pour quelle raison? Vous &#xe9;tiez sans doute en qu&#xea;te de tout autre chose. Pensez-vous que de vous retrouver sur cette page &#xe9;tait votre destin ? Le destin n’existe pas, ou alors il change continuellement,&lt;font style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/font&gt;&#xe0; chacun de nos gestes il prend une issue diff&#xe9;rente. dans ce cas c&apos;est vous qui &#xe9;crivez votre destin, vous en &#xea;te le seul ma&#xee;tre. Le destin, c&apos;est la cons&#xe9;quence de vos actes, le bout du chemin que vous avez suivi. On parle de destin lorsque l’on rejette toute id&#xe9;e de cause, lorsque l’on dit &#xab; C’&#xe9;tait son destin &#xbb; au lieu de trouver une raison valable. Quoi qu’il en soit, il peut toujours en &#xea;tre autrement, rien n’est &#xab; &#xe9;crit &#xbb;. Ce que l’on &#xe9;crit sur le futur, ce ne peut &#xea;tre que des probabilit&#xe9;s et jamais des certitudes. La science-fiction prend en compte toutes les probabilit&#xe9;s pour mettre en forme quelque chose de plausible. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;courier new, courier, mono&quot;&gt;Bref, dans ce blog, quelques &#xe9;crits personnels de science-fiction.&lt;font face=&quot;Verdana&quot; color=&quot;#000000&quot; style=&quot;FONT-SIZE: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 17 Jul 2009 22:17:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>
